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les vents du silence

les vents du silence

C'est l'univers fantastique des chamans bien avant l'arrivée des hommes des autres continents.

LE GÉANT QUI MARCHAIT DES DEUX CÔTÉS

Voici un extrait d'une histoire non encore éditée.

Il y avait bien un éditeur qui voulait le prendre pour l'éditer mais à condition que j'achète obligatoirement 40 de mes livres. Ce qui devrait faire entre 5 et 600€ de ma poche sans être sûr de pouvoir rentrer dans mes fonds, aussi, j'ai préféré rejeter l'offre d'autant que je n'avais même pas droit à un exemplaire gratuit en tant qu'auteur.

En attendant, voici le début de l'histoire et… chut.

Les premiers rayons du soleil n’avaient pas encore frôlé le sommet de la colline que l’on entendit un énorme craquement qui fit trembler la terre. Joseph, qui était toujours le premier levé, s’apprêtait à mettre sa veste pour sortir lorsqu’il faillit perdre l’équilibre. Il jura un bon coup, plus par habitude que par le fait que les murs avaient semblé bouger. Il n’avait pas rêvé, aussi il sortit la tête hors de chez lui comme un voleur, scrutant la seule rue qui traversait le village. Il ne savait pas quoi penser alors que le vent envoyait à ses pieds un paquet de poussière blanche qui laissa mauvaise impression sur ses chaussures nouvellement brossées. Un second juron, plus fort celui-là, sortit de sa bouche tandis qu’il se secouait les pieds. Cela le contraria, aussi, il frappa ses semelles sur les marches de sa maison. Non loin de là, un coq chanta en s’étranglant, ou le contraire, surpris sans doute par tout ce raffut que faisait Joseph, à moins que ce ne soit de colère de ne pas avoir été le premier levé.

La plupart des villageois n’avaient pas vraiment prêté attention à l’incident, même si certains, peu nombreux, avaient entendu le sinistre craquement dans un demi-sommeil. Le curé quant à lui crut que l’on venait de frapper à sa porte. Il s’était levé d’un bond, croyant à une urgence, pire, être en retard pour sa messe, bien que l’on ne fût pas dimanche. Bref, cela n’alimenta pas les conversations du jour, ni même de la matinée. Seul Joseph jetait des regards alentour, espérant trouver de quoi il retournait, car enfin, il n’avait pas rêvé, le sol avait bel et bien tremblé, et ce bruit… Joseph était peut-être vieux, mais pas gâteux, contrairement à ce que pensaient certains.

La journée passa comme les autres, ni trop vite, ni trop lente, une journée habituelle en somme. Tout aurait été comme avant si le jeune Armand n’était arrivé en poussant de grands cris. On l’entendait bien à cent mètres et quand il apparut, il faisait de grands mouvements de bras qui semblaient montrer quelque chose que personne ne voyait. À peine arrivé, il se lança dans une tirade que nul ne comprit. Il faut dire que le pauvre garçon était tout essoufflé tant il avait couru. D’aucuns crurent qu’il était poursuivi par quelque bête ou autre mauvaise chose, aussi, prirent-ils un bâton en jetant des regards menaçants dans la direction d’où venait Armand.

- Qu’est-ce qu’il a, l’enfant ?

- L’a vu une bête ?

- C’était quoi, petit ?

- Laissez le reprendre son souffle, le pauvret, il en est tout rouge ! dit une femme.

- Pardi, c’est qu’il a bien couru ! Ça m’rappelle ma jeunesse, quand…

- Laisse-le parler, sinon on ne saura rien !

Entre-temps, une autre femme était allée chercher un peu d’eau pour le garçon.

- T’étrangle pas petit, prends ton temps !

- C’est… Y’a la… la ca…

- Je crois qu’il a besoin d’un peu d’eau, je vais en chercher ! fit le curé qui venait d’arriver.

- Il n’a pas besoin de ton eau bénite, Jeanne a de l’eau bien fraîche de la fontaine !

Le curé tout penaud se tourna vers Armand.

- Bon, calme-toi mon fils, nous t’écoutons !

- C’est… commença le garçon.

- Y’a pas à dire, l’curé, l’sait y faire !

Ce dernier jeta un regard sombre vers le vieux qui venait de couper la parole à Armand.

- La maison du… berger… elle… elle a disparu !

- Que dis-tu ? Allons, une maison ça ne disparaît pas mon garçon !

- Je vous dis que si, enfin… une moitié !

- Et une moitié ? Je crois que le soleil lui a tapé sur le crâne, moi, je vous dis !

- Taisez-vous ! dit le curé. Tu dis que la maison a disparu, c’est bien ça, Armand ?

- Ben, c’est-à-dire, il n’en reste juste qu’une moitié ! reprit le garçon.

- Tu es sûr que c’est bien celle du berger ?

- L’a rêvé l’gamin !

- Pour sûr, que c’est elle, je vous jure…

- Allons, ne jure pas ! reprit le curé en se signant. Dis-nous ce que tu as vu, mais réfléchis bien, tu as peut-être mal vu !

- Oh non ! Même qu’il reste encore la clochette pendue à l’angle du toit !

- Tu nous dis que… que la moitié de la maison a disparu ? Comment ça, disparu ?

- Ben, on voit l’intérieur, y’a plus de murs devant, elle a été coupée en deux !

- Moi, je vous dis que le soleil n’y est pas pour rien, dans ses salades !

- J’avoue que j’ai du mal à y croire !

- Ah, vous voyez bien l’curé, le soleil j’vous dis !

- C’est pas vrai, c’est la vérité !

- Vous voyez bien que le pauvret a son chapeau sur la tête ! dit la première femme, qui n’était autre que la mère du jeune garçon. Mon Armand n’est pas un menteur !

- On n’a pas dit ça ! se défendit le curé.

- Je ne parlais pas de vous, mon père !

Tous les regards se tournèrent vers le vieux Jeannot, comme ils l’appelaient. D’ailleurs, personne ne se rappelait vraiment son vrai nom. Il avait toujours quelque chose à dire sur quelqu’un, colportant maints ragots. Ceux-ci n’étaient jamais vérifiés, on en jetait plus qu’on en gardait, et personne n’y prêtait attention.

- Le mieux serait d’aller y jeter un coup d’œil ! lança une vieille femme en tenant sa canne bien haut.

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