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les vents du silence

les vents du silence

C'est l'univers fantastique des chamans bien avant l'arrivée des hommes des autres continents.

Les aventures de Ghaald

EXTRAIT DU LIVRE 1

Le reflet du lac

 

Cela aurait pu être un matin comme un autre, mais il en fut tout autrement et cela scella à jamais le destin de plusieurs vies. À l’aube de ce matin-là, le ciel commença à se teinter de jaune alors que le soleil se levait à peine à l’horizon, un jaune comme jamais de mémoire d’homme on n’en avait vu. La lumière, qui glissait sur les collines, avançait aussi vite que le vent poussant les nuages les jours d’orage et cela déjà était étrange. On se levait tôt au village, ainsi presque tout le monde assista à cet étrange phénomène qui devenait un peu plus inquiétant à mesure que le temps passait. Certains dans le village se signèrent sans s’en rendre compte, d’autres baissèrent les yeux, craignant ils ne savaient trop quoi. En quelques minutes, tout sembla recouvert d’or, les herbes comme les pierres. Les arbres paraissaient transpercés de fins rayons tel le soleil trouant les nuages en laissant de larges bandes descendre vers le sol. Cela aurait pu être sans suite si ce n’était que la couleur du ciel resta une bonne partie de la journée. Personne n’alla vaquer à ses occupations. Les champs restèrent vides. Quant aux bêtes, on préféra les laisser à l’étable des fois que l’herbe n’ait pris un mauvais goût. Certains y virent quelque funeste présage. La matinée fut aussitôt animée de discussions et de paroles hautes. S’il en était ainsi, avancèrent certains, il devait bien y avoir une raison, voire un coupable dirent les plus audacieux. La suspicion gagna tout le village. Chacun de se regarder en coin avec un sourire forcé. On n’avait pas vu autant de monde dans la rue depuis assez longtemps pour que personne ne s’en souvienne.
C’est alors qu’arriva Barnabé. Tout d’abord, personne ne prêta attention à lui tel­lement il faisait partie du village. Il était comme les pierres des maisons, on les voyait sans se demander pourquoi elles étaient là. Barnabé était si vieux que l’on ne savait plus l’âge qu’il pouvait avoir. D’ailleurs, il ne restait personne pour s’en rappeler. Il était grand, beaucoup trop grand pour la moyenne des villageois et aussi mince qu’une mauvaise moisson. Il marchait le dos légèrement voûté, ce qui fait que personne ne savait combien il mesurait en réalité. Les mauvaises langues disaient qu’il était si vieux que même la mort ne voulait pas de lui. Son visage ressemblait aux champs fraîchement labourés. Quelques longs poils rebelles et qui formaient un semblant de barbe sortaient des profonds sillons qui marquaient sa peau comme une récolte qui n’aurait jamais été jusqu’à terme, ou que le vent aurait desséchée sur pied. D’apparence malingre, s’aidant d’un bâton aussi noueux que lui, il avait cependant l’œil vif d’un garçon espiègle. Sage, il devait l’être, assurément, bien que personne ne l’écoutât plus depuis longtemps. Sans doute craignait-on la parole d’un ancêtre que le temps refusait d’emporter, ou celle d’un pauvre fou qui s’accrochait à la vie comme le lichen sur la pierre. La couleur du ciel n’avait pas échappé à son regard avisé. Peut-être même l’avait-il vu le premier, lui qui ne dormait qu’entre deux battements de paupières. Quand même, il s’était déplacé tant l’événement était important à ses yeux, sans doute plus que d’aucuns ne pouvaient l’imaginer. C’est pourquoi sa présence ne semblait pas de bon augure, ce qui laissa planer un sentiment de malaise qui s’ajouta aux discussions et autres chuchotements portés par le vent. Les regards se dérobèrent lorsque le vieil homme s’avança.
- Drôle de ciel ce matin… Oui, drôle de ciel ! insista Barnabé.
Personne ne répondit, faisant mine de ne pas entendre.
- Je… le trouve assez joli, n’est-ce pas ? Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu de telles couleurs ! continua le vieil homme le plus naturellement du monde tandis qu’il levait les yeux au ciel.
Les plus proches tournèrent la tête vers lui d’un air déconcerté autant qu’atterré. Que venait-il de dire ? En tout cas, cela eut pour effet de tirer les villageois de leur torpeur. Aussitôt, un murmure gagna rapidement l’attroupement. On aurait dit une ruche en plein travail. Barnabé, qui n’était pas mécontent de son effet, jetait des coups d’œil discrets et amusés sur les côtés, attendant que le bourdonnement cesse, ce qui n’arriva pas de suite, loin de là. Les paroles du vieil homme firent le tour de la place deux fois avant que quelqu’un, poussé par des mains tremblantes, ne s’adresse à lui.
- Que… que disais-tu, Barnabé ?
Ce dernier ne répondit pas, feignant à son tour de ne pas avoir entendu.
- Barnabé ? !
- Hein ! ?… Ah, c’est toi Baptiste, comment vas-tu ?
- Je… bien, merci !
Il bafouilla quelques mots de convenance quand un coup de coude bien placé par un voisin lui tira un juron de la bouche.
- Hum… Oui ! vous, vous avez vu le ciel ?
- C’est une bien belle journée, n’est-ce pas mon garçon, oui, bien belle !
- Dis donc l’ancêtre, tu te fiches de nous ! cria une voix féminine juste derrière Baptiste, lequel était petit, malingre avec des yeux délavés par les ans.
Cela fit sursauter le pauvre Baptiste. C’était la femme du puisatier qui venait de crier, une marâtre aux cheveux qui ne connaissaient pas le peigne et qui était toujours prête à dire du mal d’autrui. Elle avait une vilaine verrue plantée au coin de son œil gauche et on ne savait jamais comment la regarder quand on lui parlait car le regard était attiré fatalement vers l’affreuse protubérance.

 

EXTRAIT DU LIVRE 2

La Prophétie

 

 

Le jour n’avait que peu d’importance pour le peuple des Anahr’Om, ils vivaient depuis si longtemps cachés dans la montagne que le reste du monde avait oublié jusqu’à leur existence. De profondes cavités naturelles s’enfonçant au cœur de la roche, les abritaient depuis des millénaires. Ils ne savaient pas combien ils étaient, seulement qu’ils s’éparpillaient dans les méandres insondables de la montagne. Bien que vivant à l’abri du soleil, ils n’en connaissaient pas moins la lumière. Ce n’était qu’à de très rares exceptions, comme lors de la conjonction des six lunes il y a près de mille ans, qu’ils sortirent au grand jour, pourtant, personne ne le sut ni ne les vit. C’était une race d’hommes aux paroles sages. Ils étaient là avant que les parents de Thénos ne se rencontrent. Ils avaient enseigné à bien des hommes à devenir sages, les accueillant quand ils venaient se retirer sur les pentes abruptes de la montagne pour veiller sur leur peuple. Puis un jour, les Anahr’Om ne se montrèrent plus, ils s’enfoncèrent plus profondément lorsque le sage Thénos voulut se faire l’égal d’un dieu. Les entrées de leur domaine furent protégées de toute intrusion grâce aux immenses pouvoirs que leur conférait leur sagesse infinie. Lorsque tous les anciens sages de la terre disparurent, le monde les oublia. Il ne resta que Thénos à garder leur mémoire, Thénos le faux dieu, le dernier des sages à avoir approché les Anahr’Om. Il les craignait plus que tout car ils connaissaient les secrets du monde que lui, qui se prenait pour un dieu, ne voulait partager. Avec une armée d’esclaves qu’il contrôlait par la terreur, il fit fouiller la montagne durant de nombreuses lunes à la recherche de l’ancien peuple mais il ne put jamais retrouver leur sanctuaire. D’innombrables hommes moururent par la folie d’un seul, le sang des esclaves termina de sceller les portes invisibles. Thénos l’oublia à son tour, jusqu’au jour où les rumeurs d’une prophétie arrivèrent jusqu’à lui. Il ne doutait pas que cela venait de l’ancien peuple de la montagne. Il fit surveiller chaque parcelle de son royaume, chaque mouvement du peuple. Lorsqu’il ne fit plus confiance à personne, par d’anciennes magies il réveilla le secret des reflets. C’est alors que les petits hommes entrèrent sur la terre des anciens pour le servir. Le temps était passé, faisant oublier jusqu’au visage du sage. C’est ainsi que plus personne ne sut qui il était alors qu’il trônait en secret dans le cercle qui restait dans la cité.
- Où est ton frère, Némias ?
- Je n’sais pas !
- J’espère qu’il n’est pas encore parti…
- Je suis là, grand-mère !
La vieille femme le regarda en coin, pour une fois, elle n’aurait pas à se faire du souci quant à une énième absence. Elle regrettait surtout qu’il entraînât sa sœur dans ses fugues.
- Tanao’s mon garçon, un jour, il t’arrivera des ennuis !
- Que veux-tu qu’il m’arrive, je ne suis pas un petit homme !
- Ne parle pas ainsi ! Il en est sûrement qui sont sages !
- Excuse-moi, grand-mère, mais je n’en ai jamais rencontré !
Sa sœur Némias pouffa dans son coin. Lorsque sa grand-mère tourna la tête, elle mit ses deux mains sur sa bouche.
- Cela est valable pour toi aussi, ma fille !
- Tu exagères toujours, grand-mère, on ne fait rien de mal !
Et c’était vrai, Tanao’s avait raison, on ne pouvait rien leur reprocher, sinon qu’ils avaient l’esprit plus vif que la plupart des jeunes de leur âge. La vieille femme, qui s’appelait Namh’n-Tha, ce qui voulait dire : « Celle qui voit » savait que le monde de l’extérieur avait changé, que le temps de la prophétie était proche. Elle sentait de grands changements, d’ailleurs, ceux‑là n’avaient-ils pas déjà commencé ? C’était pour cela qu’elle s’inquiétait pour les enfants, elle n’avait rien voulu leur dire, il était encore trop tôt pensait-elle. Tandis qu’elle tirait le fil de ses pensées, le frère et la sœur lui donnèrent un baiser rapide avant de repartir aussi vite qu’ils étaient venus. Leur rire résonna un instant dans les impressionnantes galeries qui sillonnaient le cœur de la montagne jusque dans les profondeurs insondables de la terre. Namh’n-Tha se demandait combien de temps cela durerait avant que le voile ne se déchire.
Dans un lieu isolé, à l’abri des regards, une poignée d’hommes et de femmes veillaient sur un fait étrange autant qu’insolite.
- Tu n’as rien dit à grand-mère ?
- Non, mais… j’ai trouvé qu’elle était inquiète !
- Elle l’est toujours !
- Non, pas comme d’habitude, elle…
- Eh, tu ne vas pas devenir comme elle !
Tanao’s aimait taquiner sa sœur, il aimait surtout voir son visage prendre des couleurs lorsqu’elle s’apprêtait à réagir à ses misérables plaisanteries.
- Viens, c’est par là !
- Tu es sûr ? Où veux-tu m’emmener ?
- Tu as peur ?
Némias se contenta de souffler. Elle n’avait pas peur, seulement, elle trouvait qu’ils s’éloignaient beaucoup du centre. Les galeries qu’ils empruntèrent étaient couvertes d’une épaisse couche de poussière, preuve qu’elles n’étaient que très rarement empruntées.
- Qu’est-ce que c’est qu’il y a par terre ?
- On appelle ça de la poussière !
- Je sais ce que c’est de la poussière, mais là, c’est dégoûtant !
- Regarde derrière toi !
Les traces de leurs pas restaient gravées sur le sol.
- Ce sont nos pas ? Je… je n’en avais jamais vu comme ça !
- Cela prouve que personne n’est venu ici depuis longtemps !
- Il y a peut-être une raison ! Il doit y avoir un trou d’eau, une crevasse, quelque chose comme ça !
- Tu as peur ! se moqua son frère.
- Non, je réfléchis !
- Oh, excuse-moi, je croyais…
Elle le poussa si fort qu’il s’affala sur les genoux. Elle le toisa d’un air fier tout en se retenant de pouffer. À son tour, il l’imita, leurs rires se répandirent aussitôt dans toute la galerie.
- Tais-toi, on va nous entendre ! paniqua Némias. Si grand-mère apprend que nous sommes ici…
- Ben, quoi ?
- Nous ne sommes jamais allés aussi loin !
Cette fois, Tanao’s était d’accord avec sa sœur, il valait mieux se faire discret.
- Rassure-toi Némias, il n’y a personne !
- Comment le sais-tu ? On y est bien, nous !
- Si tu dis ça pour me faire peur, c’est raté !
Tout de même, il n’était pas si rassuré que cela. Ce n’était pas vraiment qu’il avait peur, mais, si on les prenait, c’en serait fini de ses expéditions secrètes. Ils écoutèrent en silence, aucun son ne parvint jusqu’à eux, ce qui les rassura. Leurs intentions n’étaient pas mauvaises, tant s’en faut, mais ils s’aventuraient bien au-delà du raisonnable quand ils s’enfonçaient dans les méandres oubliés de la montagne.

EXTRAIT DU LIVRE 3

TAHÏRA
La fin des temps

 

Mélyne ne pouvait se défaire de sa colère tant la peur avait été grande. Elle n’avait rien contre Bastien mais cela la soulageait. Toute à son invective pour le jeune homme, Mélyne lança un regard noir à Palyang-Ji pour lui avoir caché qu’il savait où se trouvait Bastien. Ayant déchargé toute sa colère, elle finit par se calmer quelque peu.
- C’était donc toi que nous attendions ? dit-elle en se reprenant.
- Palyang-Ji ne t’a rien dit ?
Le regard qu’avait lancé Mélyne à Palyang-Ji n’avait pas échappé à Bastien et il en jouait. Palyang-Ji pris au dépourvu en resta sans voix. Bastien souriait intérieurement, il s’était tiré d’un mauvais pas en faisant croire que Palyang-Ji en savait plus qu’il n’en avait dit, ce qui n’était évidemment pas le cas.
- Bastien… ne me fais plus jamais peur ou…
- Ou ?
- Ne refais plus jamais ça, tu as compris !
- Comme les retrouvailles sont faites, toussa Palyang-Ji, je pense que nous devrions partir !
- Pourquoi es-tu là ? Que nous caches-tu, Bastien ? demanda Mélyne.
- Moi ?
- Ne fais pas l’innocent ! Jamais Palyang-Ji ne m’aurait entraîné dans… dans cet endroit sinistre si ce n’était important !
- Vous n’avez pas envie de discuter ailleurs ? dit ce dernier. Je sens que quelque chose approche !
- Je l’ai senti aussi ! répondit Bastien.
- Vous avez vraiment décidé de me faire peur ou quoi ? !
- Dépêchons-nous !
Ils ne prirent pas la peine de lui répondre, ils la saisirent par les bras pour l’entraîner avec eux. Mélyne ne voulut pas demander ce qui était en train d’arriver bien qu’elle s’en doutât. Elle se mit à courir aussi vite qu’elle le pouvait entre ses amis. Palyang-Ji, que la taille avantageait, ne lâcha pas la main de Mélyne.
- Je ne vois aucune issue dans cette rue à moins de traverser les murs ! dit-elle le souffle court.
- C’est une idée ! répondit Bastien en tournant la tête vers Mélyne.
- Ils sont derrière nous ! lança Palyang-Ji. Si tu as une idée, c’est le moment ?
À peine avait-il terminé sa phrase qu’une ombre se dressa à quelques mètres devant eux. En fait, il y en avait plusieurs mais elles se fondaient dans la nuit. Tous trois s’arrêtèrent d’un même élan. Palyang-Ji se plaça devant Mélyne.
- C’est là que nous mourrons ? murmura-t-elle.
Elle était à bout de souffle, pliée en deux par l’effort qu’elle venait de fournir.
- Bientôt, mais pas avant que tu nous dises où elle est ! s’insinua une voix stridente dans sa tête.
Cela eut l’effet d’une déchirure à l’intérieur de son crâne lui arrachant un cri de douleur qui la fit tomber sur les genoux. Elle prit sa tête entre ses mains. L’une des ombres en profita pour se glisser un peu plus dans son esprit tandis que les autres faisaient diversion. Ces dernières s’avancèrent en premier vers Palyang-Ji, lequel tentait désespérément de bloquer toute intrusion dans son esprit, ce qui lui demanda un effort terrible. Bastien, qui se trouvait à quelque distance de Mélyne comprit aussitôt ce qui se passait. Les ombres, trop avides de cerner enfin la jeune femme, commirent­ l’erreur d’ignorer Bastien une poignée de secondes. Celui-ci en profita, avant même que deux des ombres ne se tournent vers lui, il tendit sa main en direction de ces choses répugnante en criant à l’attention de Mélyne des mots incompréhensibles, des mots que tous avaient oublié, mais pas les ombres. Mélyne ne l’entendait déjà plus car la première ombre, la plus grande, commençait à s’emparer d’elle. Palyang-Ji, libéré pour un instant de l’emprise de celles qui faisaient maintenant face à Bastien, concentra son attention sur celle qui menaçait Mélyne. Il essayait de gagner un peu de temps mais il savait qu’il ne tiendrait pas longtemps face à la monstruosité qui se tenait là. Tout à coup, une onde de force fit vibrer l’air dans toute la rue, projetant dans un éclat insoutenable les ombres bien plus loin. La surprise fut totale pour ces dernières. La force qui venait de les toucher les laissa un bref instant perplexes. Mélyne quant à elle gisait sur le sol, inconsciente. Cependant, une ombre revenait pour terminer sa sinistre besogne. Palyang-Ji se précipita vers Mélyne, la souleva, la mit sur son épaule puis rejoignit Bastien qui se tenait quelques mètres plus loin.
- Qu’allons-nous faire maintenant ? Ils ne vont pas en rester là ! Attention, ils reviennent !
- Nous avons juste le temps de faire ce qu’il y a à faire ! Donne-moi vite ta main et surtout ne la lâche pas quoi qu’il arrive !
Palyang-Ji fit ce qu’il lui demandait sans chercher à comprendre. En une fraction de secondes, le temps sembla suspendu. La rue paraissait avoir disparu, plutôt elle apparaissait déformée comme un reflet dans une bulle de cristal. Palyang-Ji distingua des formes qui ressemblaient de loin à des formes humaines lesquelles se déformaient en les défiant dans une langue que Palyang-Ji, dans un mouvement de recul crut reconnaître. Il se rappela l’avoir entendu dans la bouche de Cheawang. En tout cas si ce n’était pas tout à fait identique, cela en avait la même structure. Son maître n’avait jamais voulu dire ce que cela signifiait lorsqu’il lui avait demandé quelle était cette langue, seulement que c’était une science oubliée depuis des âges immémoriaux. Il avait ajouté laconiquement, qu’un jour cela reviendrait, quand les temps seraient venus. Ces mots cachés prenaient toute leur ampleur maintenant. Palyang-Ji ne se serait jamais douté que cela arriverait aussi vite. Les temps étaient venus et il en était témoin. Il tenait toujours fermement Mélyne tandis que les sombres silhouettes s’évanouissaient sous leurs yeux. C’est à ce moment que Mélyne reprit conscience. Elle eut un sursaut quand elle se rendit compte qu’elle était dans les bras de Palyang-Ji.
- Que… que s’est-il passé ? Où sommes-nous ?
- Ils sont partis ! Tu n’as plus rien à craindre !

 

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